Hélène Barreau, marionnettiste : « Un désir de l’aléatoire»

La Salle Guy Ropartz reprend vie après plusieurs mois d’inactivités en raison du Covid-19. Du 24 au 26 février 2022, elle a accueillie le spectacle de marionnette contemporaine « Le grand souffle ». Rencontre avec Hélène Barreau qui a conçu et joué sur scène.

Avec la levée des restrictions liées à la pandémie de Covid-19, la compagnie Lillico jeune public, qui gère la salle Guy Ropartz depuis juillet 2020, peut à nouveau accueillir du public. Du 24 au 26 février 2022, elle a proposé « Le grand souffle » mis en scène et joué par Hélène Barreau, 32 ans, marionnettiste et comédienne. Dans un décor épuré avec des objets recyclés, où son et images vidéo se mêlent, une marionnette à taille humaine, troublante de réalisme, réapprend à se mouvoir. C’est un corps de naufragé, rejeté par la mer, qui prend mille et une ficelles pour retrouver la vie.

Entretien réalisé et restitué par Maxime Cormier

Comment est né le projet du grand souffle ?
Il y a un peu plus de trois ans, je me suis installé dans le Finistère. Je suis arrivée sur le territoire avec l’envie de monter ce projet. Il y avait des choses qui m’appelaient. C’est là que Et là, déjà, le processus de création s’était enclenché avec d’abord beaucoup de construction et de recherche en extérieur. Aussi le spectacle s’est construit à travers des rencontres notamment durant les dizaines de résidences que j’ai eu l’occasion de faire à travers le Finistère. Elles ont inspiré une partie de l’histoire, c’est vraiment le partage qui a amené certaines décisions, certains tableaux dans le spectacle.

Pourquoi ce choix du Finistère ?
Je viens d’un endroit très éloigné de la mer, Charleville-Mézières. Après, j’ai habité un peu partout, et la mer était proche de moi. Ce sont le paysage et les techniques maritimes qui m’ont appelé à m’en rapprocher un peu plus. Et puis, il y avait du sens m’implanter quelque part. Aussi, je compte bien rester dans le Finistère.

Sans révéler l’intrigue du spectacle, de qui êtes-vous inspiré pour le mannequin ? Est-ce un homme ? Est-ce un corps anonyme ?
La marionnette n’a pas vraiment de nom, mais le modèle existe pour de vrai dans la mesure où j’ai moulé mon voisin. Il s’appelle Yves. La marionnette est donc une partie de lui. Au début du projet, je cherchais le modèle idéal. Or, les moulages posent plein de questions, notamment pour les traits de visage. Un visage doit être parlant. J’ai essayé avec des recherches de maquillage. Et puis, je me suis rendu compte que son visage fonctionnait bien. Comme j’aime bien aussi avoir des prétextes pour rencontrer un peu plus les gens et comme là je débarquais, le moulage du visage d’Yves a été un super moteur de rencontre. Depuis, nous sommes très proches.

« Le Grand Souffle » : un spectacle mais aussi une exposition avec des éléments vidéo de la marionnette se promenant dans la nature.

Pourquoi le choix de marionnette et non d’un comédien ?
Je suis marionnettiste et comédienne. Je vois un peu tout par ce prisme. J’aime bien faire des choix et voir ce que cela apporte. Avec le projet du “Grand souffle”, je suis vraiment partie des questions de marionnettiste : l’inertie et le mouvement de la marionnette à fils d’un corps. J’avais envie de le confronter au réel. C’est ce qui explique tout le travail avec le paysage et cette comparaison avec un corps un peu plus inventé. C’est vraiment cette confrontation entre le réel et le traitement qui m’intéresse parce qu’elle réveille plein de choses fondamentales. Le point de départ du projet, c’était vraiment ce désir de l’aléatoire. En tant que marionnettiste, je ne voulais plus décider quels sont les mouvements et d’imposer ma volonté à un autre corps dans le spectacle.

Justement pendant le spectacle donné à Lillico, est-ce qu’il y a eu des rebondissements ?
A partir du moment où il y a eu l’installation principale de fils, il y a eu plein de choses qui ne se sont pas passées comme prévu. C’est parti d’un décalage de lumière qui a fait un décalage de son. Ce qui m’a décalé la logique pour mettre en place les fils en direct. Des petits fils se sont coincés au niveau de la tête. Ce genre d’aléas arrive souvent. Mais je sais à quel moment je vais pouvoir libérer les fils sans intervenir, par exemple juste en créant une bascule ou des choses comme ça. Je sais aussi à quel moment la situation est critique. Ce sont des moments où je n’arrivais pas bien à diagnostiquer ce qui était en train de se passer. Là, il faut une demande d’intervention avant de créer des problèmes plus graves sur la durée. Ces risques d’aléas expliquent que l’autorisation que le spectacle soit un peu plus court ou un peu plus long. Chaque représentation est un recommencement, où le spectacle ne va pas se reproduire à l’identique.

Vous n’avez pas pu voir le spectacle “Le Grand Souffle”? Sachez qu’il reviendra en Bretagne à l’automne prochain, entre temps il sera passé à Amiens et Strasbourg notamment.

Publié par Brèves de Quartier

Média du quartier La Bellangerais Maurepas, fabriqué par ou pour ses habitants.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :